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2019

Mauricie – Centre-du-Québec

Yolande Ayotte Lemire

 

Le Prix Doris Custeau se veut une reconnaissance d’une membre du RIIRS afin de souligner son accomplissement personnel tant à la retraite qu’au cours de sa carrière. Il est remis cette année à madame Yolande Ayotte Lemire.

Yolande est franche, directe et professionnelle. Elle démontre un sens du devoir qui n’accepte pas de demi-mesure. Elle se montre parfois rebelle, n’acceptant pas les conventions qui vont à l’encontre de ses convictions profondes ou spirituelles.

Membre cursilliste, Yolande est animée par le sacré, la foi et la prière. Elle fait preuve de beaucoup de compassion et d’humanité. Dans l’exercice de ses fonctions, elle se montrait toujours disponible pour rassurer et aider les familles. Au-delà des soins prodigués, elle assurait un suivi discret, utilisant un vocabulaire rassurant et compréhensible.

Yolande ne juge pas; elle cherche et trouve toujours du bon, du positif chez l’autre. Bien mise, souriante et charmante, elle accorde son attention à chacun, considérant que tout être humain est important. À son image, son rire est intense et franc. « Son rire jaillit de son cœur comme une source » dit une amie ».

YOLANDE, FEMME DE TOUS LES DÉFIS

Le goût de s’occuper des autres remonte à l’âge de cinq ans. Étant présente lors de la visite de l’infirmière de l’Unité Sanitaire venue en visite post-natale, Yolande déclare à sa mère : « c’est ce que je veux faire ». Elle est dès lors envahie d’un grand désir d’apprendre et d’enseigner. Son père a été déterminant dans son désir d’aller étudier. Pour lui, l’instruction était tout aussi importante pour les filles que pour les garçons.

Ses études : d’abord en enseignement à l’École Normale de Hull, elle fera ensuite son cours d’infirmière suivi de l’obtention de certificats : obstétrique, santé communautaire, santé et sécurité au travail et animation.

Yolande débute sa carrière en obstétrique. Constatant que les nouvelles mamans ne sont pas vraiment préparées à l’accouchement, elle prend l’initiative de donner bénévolement des cours prénataux au sous-sol de l’église. Elle enseigne à l’école des infirmières et monte le cours d’anatomie-physiologie des organes génitaux. Elle est monitrice en gynéco et postpartum et obtient par la suite un poste en salle d’opération. Durant ses premières années, Yolande devait donner sa démission à chaque naissance de ses enfants.

Ouverture du « Département en santé communautaire » au début des années 70. Elle œuvre alors comme assistante en gynéco postpartum. Elle montera par la suite le cours de périnatalité et les cours postnataux.

Infirmière en santé scolaire au primaire, elle participe à la création du cours de sexualité pour les élèves de 6e année, avec tout ce que cela implique : peurs des parents, réticences de la commission scolaire, médiatisation.

Première infirmière à temps complet sur un poste en santé et sécurité au travail, elle monte le programme de santé relié aux risques, dans le domaine des forêts et scieries, mines et carrières et fait une étude des postes de travail.

En 1986, le département de santé communautaire devient CLSC. Elle s’occupera de santé scolaire au CÉGEP. En 1992 : Ouverture de la clinique de la santé sexuelle. Yolande y monte la clinique de contraception, des maladies transmises sexuellement et la clinique d’avortement.

RETRAITE, ACTIVITÉS, FAMILLE

Évitant le « piège des vieilles pantoufles » qu’elle craignait tant lors de la prise de la retraite, en 1997, Yolande fait ses choix de passe-temps et d’activités bénévoles. Pour la FADOQ, elle fait le tour des résidences pour personnes âgées de tout le territoire. Son mandat est d’évaluer et de recommander discrètement des améliorations.

Yolande se découvre une passion pour la lecture et l’écriture. Afin d’écrire la vie de ses ancêtres Ayotte arrivés au Québec en 1638, elle multiplie visites et recherches et devient membre de la Société de généalogie de Drummondville. Elle rédige alors trois volumes relatant la généalogie de huit familles. Elle est présidente des « Familles Lemire d’Amérique » de 2001 à 2004.

Yolande a suivi un cours d’horticulture et continue à cultiver fines herbes et vivaces. Passionnée des jeux de mots, elle joue au scrabble et fait des mots croisés. L’un de ses plus grands passe-temps est le tricot. En 2009, Yolande s’intéresse à la peinture, qu’elle doit finalement abandonner, Yolande ne pouvant plus laisser seul l’amour de sa vie.

Yves, son chéri comme elle l’appelle, est atteint de la maladie d’Alzheimer diagnostiqué en l’an 2000. Yolande en a pris soin aussi longtemps que ça a été possible, soit jusqu’en 2014, ne le laissant jamais plus seul durant les dernières années. L’Alzheimer gagnant toujours du terrain de jour en jour, elle dut se résigner à le « placer », comme on dit, en CHSLD. Depuis ce temps, Yolande le visite quotidiennement (six jours sur sept). Elle le fait manger et se montre attentive aux besoins des autres patients. Fidèle à elle-même, elle prodigue généreusement ses conseils aux familles lorsque l’occasion se présente.

Son amour, elle le sème autour d’elle à profusion, au bénéficie de ses amies et de sa famille : ses trois enfants et sa petite-fille chérie. Yolande se permet de voyager seule ou avec ses sœurs. Très curieuse, elle trouve beaucoup d’intérêt à connaître l’histoire des gens. Elle participe également aux activités du RIIRS.

QUELQUES FAITS MARQUANTS

  • Yolande a été témoin et a apporté son aide à trois reprises sur les lieux d’accidents de la route;
  • En avion, elle a vécu un atterrissage d’urgence et les inconvénients dûs à la dépressurisation : défaillance, nausées;
  • En deux occasions, elle exécuta avec succès une réanimation cardiorespiratoire.

LA QUÊTE DU SENS DE LA VIE

Yolande a une créativité hors du commun. Sa capacité d’écoute lui permet d’aider et d’être présente pour son entourage et ses malades. Elle se considère comme une femme heureuse. « J’aime la vie en général et tous les gens en particulier » dit-elle. Elle rayonne littéralement, tant par son regard, son rire franc et contagieux, que par ses grandes qualités humaines.

« Tout homme ou toute femme a le devoir de suivre la route qui passe par son village » (Josué Montello). Pourquoi? Qu’y a-t-il sur cette route? Quelle est cette force qui nous pousse loin du confort de ce qui nous est familier et nous fait affronter la vie? C’est la quête du sens de la vie. Telle est la philosophie qui a guidé Yolande tout au long de son parcours, celle qui a façonné la Yolande que nous connaissons, cette femme au cœur grand comme l’univers.